Nouvelles, Nouvelles, Nouvelles...

10 déc. 2013

Hercule en temps réel !

INVICTUS, comme son titre latin ne l'indique guère, met en scène un panthéon hétéroclite de dieux ou héros de la mythologie grecque, emportés dans une méchante que-relle. Voilà le prétexte inhabituel d'un jeu de stratégie aussi innovant qu'étrange...

On pense d'abord à un jeu de rôles : le joueur commence la partie en sélectionnant ses personnages, deux héros à choisir parmi une panoplie empruntée à tous les recoins de la mythologie. Chaque personnage a son caractère et des pouvoirs spéciaux  : Orion, par exemple, invoque des pluies de flèches qui s'abattent du ciel, et Hercule frappe le sol de sa massue pour déclencher un tremblement de terre.

L'illusion « jeu de rôles » dure encore au début de la partie, avec des décors interactifs. On peut ainsi, dans certaines maisons, faire des achats (armes, potions...) et discuter avec des personnages neutres. Enfin, des objets, surtout des sacs d'or, traînent un peu partout pour être collectés.

Mais là s'arrête la similitude : il s'agit en fait d'un simple saupoudrage, destiné à pimenter un jeu de stratégie pur et dur. Que l'on joue seul dans des missions successives ou en mode multijoueur sur Internet, les scénarios sont essentiellement des missions d'élimination d'ennemis, de conquête ou de défense d'un lieu ou d'un objet stratégique. La multiplicité des pouvoirs des personnages crée des affrontements originaux par rapport aux assauts de tanks et robots habituels. Les éclairs d'Electra remplacent avantageusement les tirs lasers de routine, et mener l'attaque dans les airs avec Icare est après tout plus amusant que de lancer un banal raid d'aviation ! L'intérêt stratégique est de surcroît tout à fait sérieux : le programme permet par exemple de concevoir ses propres formations d'attaque ou de défense, et de les utiliser à l'aide d'une interface très claire.

Le traitement graphique autorise à faire librement pivoter un champ de combat en 3D (en relief, plutôt), d'incliner ou de zoomer l'angle de vue sans saccades. On regrettera cependant que les animations, qui reproduisent habilement la fantaisie des personnages mythologiques et leurs pouvoirs, soient parfois noyées dans ce luxe graphique.

Le cocktail jeu de rôles-stratégie en temps réel est actuellement à la mode. On le retrouve dans Myth et Myth 2, puis dans Nox, qui vient juste de sortir. Invictus, cependant, offre un dosage différent, avec plus de jeu de rôles et beaucoup moins de stratégie. Et la même formule magique est d'ores et déjà promise, à grand renfort d'annonces, pour le très attendu Warcraft III. Les concepteurs cherchent donc toujours, comme des alchimistes, d'autres voies ludiques par de nouvelles combinaisons d'éléments. Avec Invictus, le résultat est franchement réussi, même s'il semble parfois un peu bâtard : c'est après tout normal pour un jeu qui confronte dieux et demi-dieux.

INVICTUS Genre : stratégie / jeu de rôle Editeur : Interplay / Virgin Plate-forme : PC Configuration minimale : Pentium II, 32 Mo RAM, carte 3D optionnelle Prix : 380 F environ (58 euros ) Jean-Michel Maman (Canal+)



Le Monde

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07 déc. 2013

Le jour où j'ai suivi des cours de dressage ès Pokémons : les folies d'internet

 

AVERTISSONS d'abord le lecteur : cette étape à Bourg-Palet, patrie des Pokémons, est effectuée sous la haute autorité scientifique d'une spécialiste mondiale du sujet, âgée de neuf ans aux prunes, que le voyageur tient à remercier ici de sa patience et de son indulgence. Dans la catégorie vétérans (plus de douze ans), le voyageur lui-même se sent désormais une compétence pokémaniaque nécessaire pour prendre part à n'importe quel tournoi international. Tout cela afin d'intimider les critiques éventuelles. Les Pokémons, donc. Il doit bien exister quelques Martiens à qui ces trois syllabes n'évoquent strictement rien. Tous ceux dont le chemin ne croise pas régulièrement celui des spécialistes mondiaux qui, depuis quelques mois, noyautent les cours de récréation. Les Pokémons sont de petits monstres multicolores (Pokémon est l'abréviation de pocket monster, « monstre de poche ») que l'on rencontre essentiellement dans les dessins animés japonais. Nés en 1996, ils ont conquis, depuis lors, les écrans de télévision du monde entier, même si un malencontreux incident - un épisode a provoqué des crises d'épilepsie chez un certain nombre de jeunes téléspectateurs japonais - a entraîné la suspension de la série pendant un an. Outre le dessin animé, le film de long métrage, le jeu vidéo, et quelque mille cinq cents produits dérivés repérés à ce jour, des paquets de céréales aux produits surgelés, les Pokémons se présentent sous la forme, particulièrement redoutable, de cartes à collectionner. Dans la cour de récréation, ces échanges donnent lieu à des trafics en tous genres, à des luttes d'influence, à des crises nerveuses, à la constitution et à la désintégration d'alliances et de camarillas, à des déceptions éternelles sur la loyauté humaine, le tout débouchant même parfois sur une interdiction formelle du « dirlo » de l'école, assortie de confiscations pour motif d'ordre public.

 

Le héros « humain » de la série est Sacha, âgé de dix ans. Une de ses armes secrètes est un Pokémon qui répond au joli nom de Grotadmorv, appellation qui a le don d'interpeller les millions de colloques quotidiens de spécialistes mondiaux, se tenant en général à l'heure du goûter, et où sont régulièrement débattues, autour de tartines de Nutella, les grandes questions touchant à la sémiologie de l'oeuvre. Sacha est flanqué d'Ondine. Sur les origines de cette association, on ne possède que peu de certitudes. Les meilleurs pokémonologues s'accordent sur le fait qu'il lui a d'abord emprunté sa bicyclette, qu'elle l'a suivi dans l'espoir qu'il lui en rachète une, espoir déçu d'épisode en épisode, et qu'ils ont ensuite uni leurs forces. Parmi les questions qui obsèdent les exégètes, celle-ci : Sacha est-il amoureux d'Ondine ? La querelle fait rage, les auteurs du scénario ayant pris grand soin de ne pas y apporter de réponse trop explicite. Evidemment, Internet ne pouvait que faire écho à cette interrogation. Selon une information non encore confirmée, dans le deuxième film, qui n'est pas sorti en France - car Internet, média sans frontières, permet de recueillir et de distribuer en exclusivité des informations sur les films et jeux non encore sortis en France -, une fille donnerait un baiser sur la joue de Sacha, et Ondine en concevrait une réelle jalousie (la vidéo de cet extrait à conviction est téléchargeable sur un des 732 sites visités au cours de ce voyage, dont j'ai malheureusement égaré les coordonnées). La basse-cour Pokémon se compose de cent cinquante spécimens (bientôt deux cent cinquante, à l'occasion de la sortie d'une nouvelle série). L'acquisition d'une compétence internationale minimale impose donc d'abord l'apprentissage de quelque cent cinquante noms propres, aussi difficilement mémorisables que Pikachu, Mélofée, Mewtwo, Bulbizarre, etc. Mais pas seulement. Les galons de pokédresseur confirmé ne s'acquièrent qu'au prix d'une connaissance aiguë, non seulement des noms, mais de la biographie, et des propriétés surnaturelles desdits Pokémons. Ainsi, il faut savoir que Dracaufeu peut fendre la roche de son souffle brûlant. Si les moustaches de Rattatac sont coupées, il perd son sens de l'équilibre. Raichu doit garder sa queue en contact avec le sol, pour éviter toute électrocution. Quand les yeux de Rondoudou s'illuminent, il chante une mystérieuse berceuse. Enfin, comme d'autres produits chimiques, les Pokémons se transforment. Mais depuis l'époque de la pure et simple transformation de la grenouille en prince charmant, un saut quantitatif a été franchi. Au fil des dressages, la mignonne Carapuce devient Carabaffe, puis Tortank, son blindage se renforçant à chaque étape. Parfois, le Pokémon est de plus en plus luxuriant (Bulbizarre devient Herbizarre, puis Florizarre), parfois de plus en plus incandescent (Salamèche, Reptincel, Dracaufeu). Les références à l'eau, au feu, à l'air et à la pierre semblent avoir fait l'objet de savantes cogitations des scénaristes.

 

Soit dit en passant, ces cent cinquante noms propres et leurs déclinaisons sont mémorisés par les spécialistes mondiaux avec une facilité qui laisse rêveur, quand on constate par ailleurs que la table de sept, pour ne prendre qu'elle, demeure, pour les mêmes spécialistes, un obstacle insurmontable, même après trois ans d'efforts.

 

ET Internet, dans l'affaire ? Internet s'est engouffré dans la folie Pokémon de toutes les manières possibles. Taper « Pokémon » sur n'importe quel moteur de recherche permet d'entrevoir la palette des modes d'intervention. Outil de contrôle continu des connaissances, d'expression de la base, grande foire, Internet est tout cela à la fois.

 

Comme toujours, c'est par l'immensité des propositions qu'Internet fascine d'abord. Quand on a fini d'échanger ses cartes Pokémons, quand la télé ne propose plus d'épisode jusqu'au lendemain, quelle solution reste-t-il ? Retrouver les Pokémons sur Internet, dans les centaines de sites créés par les spécialistes mondiaux, ou plutôt leurs grands frères. Les retrouver démultipliés à l'infini, de site en site, comme dans un labyrinthe de miroirs, comme un reflet inespéré de ses obsessions.

 

La concurrence des sites est rude, et seule une remise à jour ostensible et quotidienne est de nature à fidéliser la clientèle. Tous les sites sont d'ailleurs engagés dans une course à l'audience effrénée, se manifestant de deux manières : l'affiliation à un « ring », cercle de sites qui se renvoient le chaland les uns aux autres, et cérémonies permanentes de remise de distinctions mutuelles, sous forme d'awards. Décrocher le plus de diplômes possible, décernés par ses concurrents, est l'objectif de tout webmaster qui se respecte. La plus parfaite harmonie règne d'ailleurs. Si Poke-Actu décerne sa médaille d'or à Actu-Poke, ce dernier site se fera un devoir de décerner son award d'or à Poke-Actu. A noter que les sites Pokémons ont parfaitement compris une des règles de base d'Internet : c'est par l'abondance de l'offre, et non par la restriction ou la tentation de l'exclusivité, que l'on dominera le marché. La profusion règne : autant donc s'en faire une alliée que la subir.

 

Qui sont ces webmasters amateurs ? La plupart d'entre eux se présentent sur leurs sites. On signale une forte concentration aux alentours de quatorze ou quinze ans. Ainsi le site Poke-Lord est administré par Bibou, Pierre, Mr Jul et Câble. Tous quatre ont quatorze ans. Bibou habite Brest, c'est le chef et créateur du site. Pierre habite Monaco, et son rôle consiste à « mettre les fichiers lourds sur les hébergeurs ». Câble habite Amiens, et s'occupe des solutions pour certaines versions des jeux Pokémons. Mr Jul habite au Havre et gère le forum du site.

 

Ce cas de savante répartition des tâches n'est pas le seul. Plusieurs sites sont ainsi coadministrés par plusieurs webmasters, géographiquement disséminés mais rassemblés par leur pokémanie, en fonction d'alliances stratégiques éphémères ou durables, qui donnent lieu à fusions et à... scissions. Lesquelles scissions, comme dans toute entreprise, donnent évidemment lieu elles-mêmes à communiqué de presse : « Salut, je me casse, je vais fonder mon site Pokécool, voici l'adresse. » L'émulation règne. La quasi-totalité des sites proposés sont souvent mis à jour avec un zèle et une régularité qui étonnent, s'agissant d'une oeuvre présumée bénévole. Le webmaster Pokémon moyen non seulement actualise son site, mais informe son public des aléas de la mise à jour, avec un souci de transparence qui force l'admiration. « Salut à tous, dit l'un , on est le 28-06, je n'ai pas grand-chose à dire de nouveau, sauf que je suis trop content d'avoir dépassé les 5 288 visiteurs. » La fonction de webmaster Pokémon suppose donc, outre une disponibilité à toute épreuve, une grande aptitude à l'autocritique. « Désolé à ceux qui visitent ce site et attendent une remise à jour, mais je pourrai pas la faire d'ici début juillet pour deux raisons : un mes examens, deux j'ai eu un problème avec mon ordi, j'ai dû tout effacer et réinstaller, je n'ai plus Word 2000 pour faire mes pages Web. »

 

POUR le reste, c'est par une politique de qualité sans faille que chaque site espère faire la différence. Ainsi le « résumé de l'histoire », passage obligé de tous les sites, peut-il varier de moins de dix mots -  « Les Pokémons sont de petits animaux qui vivent dans les fourrés » - à plusieurs pages, avec portrait psychologique fouillé de chaque personnage. Cette Pokemania fournit d'ailleurs des informations sur le niveau scolaire de la génération concernée. Le voyageur vétéran peut ainsi facilement rassurer ses camarades de génération : l'expression écrite résiste nettement. Des recoupements élémentaires d'informations glanées sur plusieurs sites permettent de se faire une idée assez précise de l'intrigue et de la philosophie de la série. En revanche, nous sommes au regret d'informer nos lecteurs du trépas irréversible de l'orthographe en général, de la conjugaison en particulier, et du participe passé en très particulier. « On m'a voler mon jeu. » « Je voudrait joué. » « N'ai pas put téléchargé en ligne du viagra. » « Je suis content d'avoir dépasser les 7 000 visiteurs. » Pas un site sans que les règles élémentaires de l'orthographe ne subissent un massacre à la tronçonneuse, de la part d'adolescents que leur esprit d'initiative, leur créativité, leur habileté à manier le langage HTML ne désignent pas comme les moins doués de leur tranche d'âge. Le sens des affaires, en revanche, ne semble que pouvoir gagner à la pokémania. Internet a fait bondir le troc de cartes du stade artisanal à la dimension industrielle. Le webmaster peut, par exemple, mettre en vente tout ou partie de sa collection personnelle sur son site. Devant le succès de son site, une jeune pokénaute nommée Pikagirl a même créé une boutique de vente aux enchères de cartes Pokémons. Elle y met en vente des rares, et des introuvables en France. Les enchères, explique-t-elle, reposent sur le même principe que iBazar. Une fois que vous avez remporté l'enchère, je vous communique mon nom et mon adresse, et vous m'envoyez un chèque du montant de la carte. Dès réception du chèque, les cartes partent le jour même ou le lendemain (je me charge des frais de port). Si vous n'avez pas confiance, allez faire un tour sur le site de iBazar, j'ai plus de 90 votes positifs de gens qui ont été très contents. Le site iBazar, déjà rencontré lors d'une autre étape, semble par ailleurs jouer, dans la Pokemania, un rôle qui justifierait une enquête approfondie.

 

A force d'être renvoyé sur iBazar, le voyageur s'y rend donc. Misère ! C'est pour y découvrir, à perte de vue, un inextricable souk virtuel, quelque part entre Marrakech et la grande braderie de Lille. Des tableaux et des tableaux entiers de cartes Pokémons vendues aux enchères. Pour une seule journée : 1 181 propositions. Mise à prix ? Toutes les mises à prix, entre 1 et 300 francs. La Roucool, première édition, est mise à prix à 20 francs, plus cher que la Canarticho, mise à prix à 10 francs, frais d'envoi compris. De quoi faire perdre son sang-froid à la spécialiste de neuf ans : « Oh, papa, Mew pour 70 francs, il est trop trop rare, on ne le trouve pas en France ! »

 

Vecteur de cette folie (Internet libéral), le réseau est en même temps le contre-pouvoir des téléspectateurs (Internet libertaire). Même si le pokémaniaque de base n'est pas spontanément pokécritique, cette dimension s'exprime incontestablement. Au hasard des forums pointe parfois une véritable critique argumentée de l'évolution des scénarios. Ainsi l'éviction des anciens Pokémons (Roucarnage, Colossinge et Papilusion) est-elle finement analysée. « Les studios sont en train de ruiner toute l'intrigue de la série TV. C'est évident qu'ils ne font plus trop attention. Ils ne cherchent qu'à conditionner les enfants pour les prochains jeux. Ajouter de nouveaux Pokémons, c'est bien, mais mettre de côté les anciens, auxquels des tonnes de personnes se sont attachées, c'est terrible. » S'il ne s'agit pas là d'une critique du sacrifice de l'intérêt narratif au bénéfice de la société marchande, alors qu'est-ce que c'est ?

Daniel Schneidermann

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Malgré le vote pour le changement, le PRI reste le premier parti du Congrès mexicain

Une semaine après la victoire du conservateur Vicente Fox à l'élection présidentielle au Mexique, les résultats définitifs, publiés le 9 juillet par l'Institut électoral fédéral, montrent que le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) n'en conservera pas moins une place importante au Congrès. Sous l'influence du président actuel, Ernesto Zedillo, le Mexique vient d'obtenir une rallonge sur un crédit du FMI.

Malgré une confortable victoire aux élections présidentielles, Vicente Fox,leader du Parti d'action nationale (PAN, conservateur), risque de se trouver en difficulté au Parlement, où le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), qui, pendant 71 ans, a régné sans partage sur le Mexique, conserve la majorité relative. Alors que la participation à l'élection du 2 juillet a été de près de 64 % – un chiffre très moyen pour un scrutin présenté comme historique –, M. Fox l'a emporté avec 42,5 % des bulletins exprimés contre 36,6 % au candidat du PRI, l'ex-ministre de l'Intérieur Francisco Labastida, une différence de près de 6 points, inespérée pour le vainqueur, et qui représente une marge de 2,5 millions de voix.

Mais la situation du nouveau président sera nettement moins brillante au Congrès puisque, selon les résultats officiels, le PRI obtient à la Chambre des députés 209 sièges sur 500 contre 208 au Parti d'action nationale et 53 au Parti de la révolution démocratique (PRD, centre-gauche), cinq petits partis se partageant le reste. Au Sénat, la différence en faveur du PRI est plus nette puisqu'il obtient 60 sièges (sur 128) contre 46 au PAN et 15 au PRD. Au Parlement, M. Fox pourra sans doute compter sur les 17 députés du Parti vert écologiste, mais il lui manquera encore 26 voix pour atteindre la majorité qui lui permettrait de faire passer les initiatives qu'il compte présenter, et en particulier son budget pour 2001.

TROUVER DES COMPROMIS

M. Fox devra donc trouver des compromis. Mais avec qui ? Au lendemain de sa victoire, il a tendu la main à tous ceux qui voudraient participer à « un gouvernement pluriel » . Mais le PRD a traité de haut les offres du leader de la droite. Encore sous la houlette de l'ex-maire de Mexico, Cuauhtémoc Cardenas, qui n'a obtenu que 16,6 % des voix à l'élection présidentielle, le PRD a appelé ses cadres à refuser toute alliance avec « un réactionnaire » . L'espoir de M. Fox pourrait être que M. Cardenas perde son rôle de leader de la gauche mexicaine au profit d'Andres Manuel Lopez Obrador qui, après avoir facilement remporté la mairie de Mexico, est devenu l'étoile montante au PRD. M. Lopez Obrador pourrait se montrer d'autant plus enclin à composer avec M. Fox qu'à l'Assemblée de la capitale, le PAN disposera de 34 sièges sur 66.

Alors que le nouveau panorama politique mexicain est encore en construction, le seul appui – de taille il est vrai – que M. Fox ait reçu hors de son parti est venu du président Ernesto Zedillo qui, bien installé dans son rôle d'artisan de la transition, semble faire tout son possible pour que le passage d'un pouvoir à l'autre se fasse dans les meilleures conditions. Grâce à lui, le Mexique vient de recevoir une rallonge sur un crédit « anti-crise » obtenu l'année dernière et qui passe désormais de 23 à 26,4 milliards de dollars (environ autant d'euros) en partie fournis par le FMI et d'autres organismes internationaux. M. Zedillo a voulu ainsi mettre son successeur à l'abri des crises économiques qui frappent le Mexique à la fin des mandats présidentiels.

Vivement contesté au sein du PRI pour ce que certains cadres n'ont pas hésité à appeler « une trahison » , M. Zedillo pourrait de plus laisser à son successeur certains de ses meilleurs collaborateurs, en particulier le ministre des finances, José Angel Gurria, ou celui de l'Energie, Luis Tellez, unanimement reconnus pour leur professionnalisme et qui, selon des rumeurs persistantes, devraient faire partie du prochain gouvernement. Ce scénario semble d'autant plus probable que le président élu est précisement à la recherche de professionnels sans attaches politiques particulières. Elaborant son gouvernement comme d'autres construisent une entreprise, M. Fox, ex-directeur de Coca-Cola pour le Mexique et l'Amérique centrale, n'a pas hésité à faire appel à des « chasseurs de têtes » pour trouver les cadres dont il aura besoin. André Rena

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04 déc. 2013

Le procès du nationaliste corse Charles Santoni s'est ouvert à Paris

En 1996, un policier du RAID avait été tué en tentant de l'arrêter
Le procès du nationaliste corse Charles Santoni s'est ouvert, lundi 22 novembre, devant la cour d'assises spéciale de Paris. Comparaissant pour « homicide volontaire » et « tentative d'homicide volontaire », il est accusé d'avoir pris part, le 16 avril 1996, à une fusillade au cours de laquelle un policier du RAID et un autre nationaliste corse, Jean-Luc Orsoni, ont trouvé la mort.

 

LORSQU'IL prend part, le 16 avril 1996, à une fusillade sur une route qui mène à Ajaccio, Charles Santoni croit-il avoir affaire à des membres d'un mouvement nationaliste opposant à la Cuncolta, dont il dit avoir été un ancien sympathisant, ou savait-il que les occupants de la voiture qui l'avait pris en chasse étaient des policiers ? La question est au coeur du procès qui s'est ouvert, lundi 22 novembre, devant la cour d'assises spéciale de Paris, où Charles Santoni comparaît pour «  homicide volontaire  », «  tentative d'homicide volontaire  » et pour le délit connexe de «  transport d'armes  ». Lors de l'échange de coups de feu, un policier du RAID avait trouvé la mort, alors qu'un autre avait été blessé. Jean-Luc Orsoni, qui conduisait le véhicule transportant Charles Santoni, avait lui aussi été tué par des tirs de riposte.L'accusé avait pour sa part été blessé.

 

Agé aujourd'hui de trente-trois ans, Charles Santoni, alors recherché dans le cadre d'une enquête sur une tentative d'assassinat, a toujours dit, pendant l'instruction, qu'il ignorait l'identité réelle des hommes qui l'avaient suivi ce jour-là. Devant les sept magistrats professionnels de la cour d'assises spéciale, il a réitéré cette affirmation. «  A l'époque, j'étais menacé de mort, raconte-t-il. Deux de mes amis avaient été assassinés par des membres du MPA (Mouvement pour l'autodétermination) , la faction nationaliste rivale ; j'étais donc sur mes gardes. Des tracts avaient été diffusés, m'accusant de meurtres que je n'avais pas commis. On vous salit et, comme ça, quand vous êtes tué, ça n'étonne personne. »

 

« Vous dites n'avoir été qu'un sympathisant et non un militant actif de la Cuncolta, pourquoi étiez-vous en danger ? », s'étonne le président Jean-Pierre Getti. « La faction rivale agissait comme ça, j'avais été très proche de Jean Bachelli, l'une des victimes du MPA, mais je n'avais plus d'engagement depuis 1991. » Il affirme avoir pris ses distances quand il a senti que des « divisions » et la « dérive mafieuse de certains » affectaient le mouvement nationaliste.

 

Depuis la mort de son ami, Charles Santoni se sentait donc menacé. « Le soir des obsèques de Bachelli, des gens en cagoules et en armes m'ont attendu devant chez moi, explique-t-il. Il s'agissait clairement de m'impressionner » Charles Santoni est alors constamment armé d'un Colt Python et d'un Ruger 357 magnum, porte un gilet pare-balles et sort très peu de chez lui, «  pour être le moins vulnérable possible  ».

 

Quand, le 16 avril 1996, il remarque une Renault Clio garée à quelques centaines de mètres de son domicile avec des hommes à l'intérieur, il pense immédiatement à un commando de nationalistes dissidents. Quand il constate que la Clio suit la Toyota de Jean-Luc Orsoni, il sort ses armes. Quand une deuxième voiture débouche sur la route, il est persuadé d'être «  pris dans un guet-apens  ». «  J'ai dit à Jean-Luc  : ” S'ils approchent, on tire, on défend nos vies "  », se souvient-il. Des coups de feu sont échangés. «  Je ne sais pas qui a commencé, mais j'ai eu peur de mourir et j'ai tiré d'instinct. A aucun moment je n'ai vu un signe distinctif de la police. »

 

 

 

GYROPHARES ET BRASSARDS

 

A l'en croire, Charles Santoni n'aurait pris conscience qu'il avait affaire à des policiers qu'au moment de se rendre quand, blessé, il se dirige vers un inconnu qui n'est autre que le commissaire principal Christian Lambert, du RAID. Entendu comme témoin devant la cour d'assises, ce dernier est en désaccord total avec cette vision des faits. «  Il s'agissait d'une intervention de style sécurité publique, dit-il, c'est-à-dire que les véhicules devaient être équipés de gyrophares et que les policiers devaient porter le brassard police" »

 

Le commissaire Lambert se dit «  certain  » que ces consignes avaient été appliquées par les membres de son équipe, «  des hommes courageux, aguerris, pleins d'expérience et respectueux des instructions  ». Selon lui, la Toyota se serait volontairement arrêtée pour attendre la Clio. «  Ils ont forcément vu le gyrophare, affirme-t-il, et c'était un endroit idéal pour tendre un guet-apens aux policiers. »

 

Si le président Getti s'étonne que l'interpellation ait eu lieu sur la voie publique alors que Charles Santoni aurait peut-être pu être arrêté chez lui, Christian Lambert se retranche derrière la hiérarchie judiciaire : «  Le procureur général l'avait souhaité ainsi pour que les suspects soient pris en possession d'armes. Par ailleurs, les risques sont moindres sur la voie publique que dans un immeuble, même si nous savions que la mission était extrêmement dangereuse.  »

 

Deux membres du RAID, parties civiles au procès, Louis Garcia (blessé pendant l'intervention) et Paul-André Courtine, ont confirmé les dires de leur supérieur. «  Le gyrophare a été mis en place dès que nous avons eu le top de début d'interpellation et nous avions mis nos brassards bien avant, indique le premier. Quand je suis sorti de la voiture, j'ai crié : ”rendez-vous, police" , mais les tirs ont continué  ». «  Quand Santoni est sorti de son véhicule, j'ai cru qu'il allait s'enfuir, enchérit son collègue. Or, il s'est dirigé vers notre voiture, m'a vu et m'a visé, j'ai senti le souffle de la balle.  »

 

Charles Santoni dément : «  Comment vouliez-vous qu'à nous deux on tende un guet-apens à plusieurs policiers expérimentés du RAID  ?  ».

  Acacio Pereira



Le Monde

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Nouvelles glisses (3) : En kayak sur la vague éternelle

Des remous de la Marne, à Joinville-le-Pont, aux flots tumultueux du Zambèze, les adeptes du « rodéo » adaptent à l'eau douce la culture et les figures du surf et du skateboard

« C'EST IMPOSSIBLE, il ne passera jamais ! » La promeneuse s'est arrêtée près du barrage, intriguée par l'attroupement qui scrute en contrebas un kayakiste essoufflé. « Franchissement interdit », indique un panneau rouge et blanc planté sur la berge. Mais l'homme casqué n'a pas dévalé le courant. Bien au contraire, il semble vouloir le remonter.Au pied de la cataracte, à la frontière entre l'eau lisse et le bouillonnement qui naît de son fracas, son esquif se maintient sur place, à grand renfort de coups de pagaie.

Mais voilà que le malheureux se met à tourner sur lui-même, à l'horizontale, puis à donner de furieux coups de reins, comme s'il tentait de décoller. Toujours scotché au pied du barrage, il fait ensuite plonger l'avant de son kayak râblé, semble boire la tasse, mais réapparaît, et exécute un nouveau tour sur lui-même, à la verticale, avant de décrocher, emporté par les flots moutonnants. Déjà, un nouveau candidat lui succède au creux de la vague, sous les vivats des spectateurs amassés sur la rive de la Marne, à Joinville-le-Pont (Seine-et-Marne).

La passante n'a pas assisté à une tentative désespérée, mais à une séance de « rodéo », aussi nommé kayak de « free style », une discipline encore confidentielle. Pratiquée en catimini depuis cinq ans à Joinville, et sur quelques rivières propices françaises, elle fait pourtant l'objet depuis sept ans de compétitions au niveau international. « Ce sont les Américains qui ont fait évoluer la discipline, indique Sébastien Tester, conseiller technique national à la Fédération française de canoë-kayak. Mais auparavant, nous faisions du free style sans le savoir.  » Tous les kayakistes en ont fait l'expérience : certaines cascades produisent des remous capables de les retenir immobiles, au creux d'une sorte de vague perpétuelle. Le principe du free style est simple : il s'agit d'enchaîner les figures, comme le font les surfeurs sur les vagues de l'océan. Par rapport à la rive, la vitesse est nulle, mais l'eau défile en fait très rapidement, ce qui donne tout son sel à l'exercice.

Chaque site recèle une vague différente. Certaines forment un rouleau, d'autres sont toutes lisses. « En Nouvelle-Zélande, lors des compétitions de 1999, il y en avait une qui permettait de faire des aerials », s'enthousiasme Sébastien Tester. L'aerial, qui consiste à faire décoller l'embarcation, est la figure reine du free style, celle qui peut rapporter le plus de points en compétition. A Joinville, la vague-rouleau n'est guère propice à ces envolées, mais sa puissance et sa vitesse de défilement (jusqu'à 20 km/h) la réservent aux kayakistes confirmés. Les casse-cou qui s'y risquent ont au minimum un an de pratique en club. « Il faut être très à l'aise en eau vive avant de se lancer, confirme Sébastien Tester. La lecture de l'eau est primordiale, comme celle de la piste en ski.  » Il faut être capable de déchiffrer les zones de calme, de profiter des turbulences pour revenir au coeur de la vague, et pouvoir tenir en apnée pendant de longues secondes lorsque celle-ci finit par éjecter celui qui la chevauche impudemment.

Mais le physique n'est pas tout. Le rodéo se pratique avec un matériel adapté. Les bateaux sont très courts (2,2 mètres en moyenne), et pèsent généralement moins de 15 kilogrammes. « La grosse révolution, ça a été la coque plate, avec les carres qui permettent de prendre de la vitesse, détaille Sébastien Tester. Il faut aussi des pointes très fines à l'avant et à l'arrière, pour couper l'eau dans les figures verticales. » Dernière caractéristique notable, le gros volume autour de l'hiloire - encore appelé « trou d'homme », où le kayakiste s'assied - qui permet de stabiliser l'embarcation.

Les épreuves sont assez similaires à celles du surf, organisées en séries au cours desquelles s'affrontent quatre ou cinq concurrents.Chacun dispose de trente secondes pour réaliser le maximum de figures.Les meilleurs sont capables d'en placer une quinzaine en une demi-minute, forcément très intense. Le lexique est, comme en surf ou en skateboard, imagé et à consonance anglo-saxonne : wiper (essuie-glace), grab (une seule main), wave wheel (roue sur l'eau), rudder (gouvernail), loop (soleil), flat spin (rotation à plat), etc. A ce petit jeu, les Français ne sont pas les plus mauvais. Nicolas Chassing a ainsi décroché une médaille de bronze aux derniers pré-championnats du monde, début juillet sur le site de Noguera Palaressa, près de Sort en Espagne.

Mais l'esprit de compétition est parfois éclipsé par une quête plus intime de « la » vague. Certains parcourent le monde à la recherche du spot de rêve qui procurera le plus de sensations, comme les surfeurs du Endless Summer (l'été éternel). Ce film de l'Américain Bruce Brown (1966) a fait rêver des générations de glisseurs, et n'est pas pour rien dans la vogue du free riding, qui touche aussi skieurs, vététistes et surfeurs des neiges, en quête de pentes inviolées. Le syndrome n'a pas épargné les kayakistes. Nicolas Chassing s'est ainsi installé sur le Zambèze, où il affronte des vagues de 5 à6 mètres de haut, tandis que son camarade, Olivier Feuillette, a choisi d'explorer les cours d'eau d'Afrique du Sud.

En France, les quelque deux cents pratiquants du free style ont eux aussi leurs coins secrets, tant il est vrai que la pratique du rodéo n'est encore que tolérée, même à Joinville, où siège pourtant la Fédération française de canoë-kayak. Passé l'époque héroïque de la pratique sauvage - y compris en hiver à la lueur de phares de voitures - Sébastien Tester espère bien sortir le free style de l'anonymat, notamment pour des raisons de sécurité. Il faut en effet faire preuve d'un minimum de prudence et d'expérience pour déjouer siphons et « rappels » - ces pièges liquides qui transforment la rivière en une machine à laver dont il est difficile de s'extraire.

Les candidats au rodéo ont donc tout intérêt à pratiquer à plusieurs, si possible en club, afin de bénéficier de l'environnement adéquat.D'ici quelques années, le succès aidant, peut-être faudra-t-il instituer des règles de conduite, pour éviter les embouteillages sur des plans d'eau surpeuplés. Mais pour l'heure, les cow-boys aquatiques peuvent encore jouir tranquillement des caprices de leur vague éternelle.

H. M.

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Tri-Nations : l'Australie s'impose

POUR LA PREMIÈRE fois dans l'histoire de cette compétition internationale de l'hémisphère Sud, créée en 1996, l'Australie a gagné le Tournoi des Tri-Nations, après sa victoire face à l'Afrique du Sud (18-19), samedi 26 août au King's Park de Durban. Sacrés champions du monde l'an dernier, les Wallabies se sont adjugé la victoire finale contre les Springboks grâce à une pénalité de Stirling Mortlock dans les dernières minutes du temps additionnel.

Le buteur a offert aux spectateurs une belle prestation, en étant l'auteur de 14 des 19 points de son équipe, transformant notamment le seul essai de la partie, inscrit par Chris Latham (39e). Lors de cette rencontre âpre et pauvre en essais, l'arbitre néo-zélandais, M.  Honiss, a souvent dû rappeler les joueurs à l'ordre, alors que la tension montait sur le terrain. « Je ne pensais pas au classement final, mais juste à ce match. J'ai connu cette situation plusieurs fois par le passé, et j'avais manqué les pénalités », a déclaré Stirling Mortlock.

Au classement final, l'Australie (trois victoires et une défaite) devance, avec 14 points, la Nouvelle-Zélande (12 pts) et l'Afrique du Sud (6 pts). La seule défaite des Australiens lors de cette compétition a été enregistrée le 15 juillet, à Sydney. Ce samedi-là, les Wallabies s'étaient inclinés (35-39) face à d'impressionnants All Blacks emmenés par un fantastique Jonah Lomu, en ouverture du tournoi. Une foule de 109 874 spectateurs avait assisté à cette rencontre d'anthologie, qualifiée par certains de plus beau match de l'histoire du rugby. Lomu avait marqué un essai dans les toutes dernières minutes, mettant fin à une série de dix victoires consécutives de l'Australie.





Le Monde

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